Nous avons vu comment faire travailler notre matière grise pour calculer une exposition correcte a nos prises de vues, notre fameuse mais néanmoins utile règle du f/16. Nous allons maintenant voir une solution beaucoup plus simple et plus sur avec le posemètre.

Les luxmètres ou posemètres photographiques sont des appareils très précis qui mesure l’intensité de la lumière. Ils sont pourvus d’un système qui indique l’exposition correcte requise par un sujet, en fonction d’une émulsion (sensibilité) donnée.

Les posemètres se présentent sous deux catégories. Les posemètres autonomes et les posemètres incorporés a l’appareil photographique. Ils mesurent soit la lumière tombante sur un sujet (la lumière incidente) soit la lumière renvoyé par celui ci (la lumière réfléchie)

 

Le cœur d’un posemètre est une cellule photosensible, dont il existe quatre types.

La Cellule au Sélénium (SE)

Le sélénium est une substance qui, sous l’influence de la lumière, a la propriété de produire un courant électrique de faible intensité. Ce courant fait dévier un indicateur, proportionnellement à l’intensité de la lumière reçue.

Le sélénium est relativement lent a répondre et possède une faible sensibilité, d’autre part le courant produit est utilisé directement.

Les cellules au sélénium doivent être assez grande pour recevoir une quantité de lumière. En raison de leur format encombrant, elles n’équipent donc jamais les posemètres incorporés.

 

La Cellule au Cadmium (CdS)

Les cellules au CdS répondent beaucoup plus rapidement que les précédente, et elles présentent une plus grande sensibilité. Lorsqu’elles sont frappées par la lumière, elles ne produisent pas par elles mêmes de courant électrique contrairement au cellule de sélénium mais elles en reçoivent par l’intermédiaire d’une pile.

Par contre, leur résistance électrique varie proportionnellement à l’intensité de la lumière qui les traverse. Elles sont incorporées à des circuits qui règle le flux de courant de la pile au système d’indication de pose du posemètre.

En raison de leur dimension généralement très petite, les posemètres munis de cellule CdS sont facilement incorporable aux appareils photographiques, même de petit format.

Le sulfure de cadmium est une substance qui réagit assez lentement aux changement brusque de la lumière. Les cellules au CdS sont comme éblouies par une lumière intense et demandent environ deux minutes pour récupérer avant de pouvoir répondre de nouveau d’une manière stable dans des condition de faible éclairage.

 

La Cellule au silicium (Si)

Ces cellules ont une sensibilité à la lumière ainsi qu’une rapidité de réponse égales ou plus grandes que les cellules au CdS. Tout comme les cellules au CdS, leur résistance électrique varie proportionnellement à l’intensité de la lumière qu’elles reçoivent.

Elles sont aussi intégrées à des circuits qui fonctionnent à l’aide d’une pile. Elles ne sont pas éblouies par une lumière de forte intensité, on dis en conséquence qu’elles présentent une absence de mémoire et elles peuvent donc être utilisées dans n’importe quelle condition de lumière, sans délais ni difficulté.

 

La Cellule au phospho-arseniure de gallium

Elles sont connues pour être extrêmement sensibles à la lumière. Les posemètres qu’elles équipent sont donc utilisés pour des prises de vues en lumière très faible.

N’étant pas éblouies par la lumière, elles peuvent passer presque instantanément d’une lecture en lumière vive à une lecture en lumière faible. En outre, elle ne consomment qu’une quantité peu importante de courant électrique et assure donc une longue durée de fonctionnement aux piles qui les alimentes.

Elles équipent généralement les posemètres incorporés aux appareils photographiques pourvus de diodes photo-émissives (LED).

 

Que la cellule produise du courant par elle même ou qu’elle en reçoive d’une pile électrique, l’énergie fournie renseigne dans les deux cas sur l’intensité lumineuse. Dans la majorité des posemètres, l’indicateur d’intensité est une aiguille mobile qui se déplace le long d’une échelle graduée comportant toute une suite de valeur.
Dans le cas des posemètres sensibles aux intervalles de brillances mixtes, cette échelle de valeurs diffère selon que le posemètre est réglé pour une opération en lumière vive ou pour une opération en lumière faible.
Sur certains modèles, l’aiguille se déplace tout simplement vers une position non marquée, laquelle constitue un point de repère pour le disque de calculateur d’exposition.
La plupart des posemètres autonomes sont pourvus d’un calculateur de pose dont le disque est une sorte de règle à calculer circulaire, sur laquelle il faut en premier lieu afficher l’indice de sensibilité du film employé.
L’échelle des temps de poses se décale par rapport à l’échelle des diaphragmes, une fois que l’indication d’intensité fournie par le posemètre est reporté sur ce même disque.

 

Dans les posemètres munis de systèmes d’indication à diodes lumineuses, à mesure que l’on tourne le disque rotatif du calculateur, des signaux s’allument pour indiquer que le sujet est, selon le cas, sous-exposé, surexposé ou exposé correctement.
Une fois la valeur de l’intensité lumineuse correctement affiché, toutes les combinaisons «ouverture du diaphragme / vitesse d’obturation» lues sur le disque du calculateur donneront une exposition équivalente.
La plupart des posemètres incorporés donnent des indications d’intensité lumineuses directement lisibles sur le viseur.
Il suffit en général de changer le réglage de la vitesse d’obturation ou de l’ouverture du diaphragme pour que l’aiguille suiveuse se déplace jusqu’à ce qu’elle coïncide avec l’aiguille indicatrice du posemètre ou encore avec une encoche servant de référence.
Certains appareils sont équipé d’un posemètre couplé aux contrôles automatique ou semi-automatiques de la vitesse d’obturation ou/et l’ouverture de diaphragme.

 

Deux mesures de lumière que nous utilisons le plus fréquemment, «La lumière Incidente» et «La lumière réfléchie»

 

La Lumière Incidente

On appel lumière incidente la lumière qui émane du soleil ou d’une source d’éclairage artificielle et qui tombe directement sur le sujet ou la scène à photographier. Lorsqu’elle frappe des objets situés sur son parcours, la lumière incidente se trouve plus ou moins réfléchie, selon la nature de ces objets et leur pouvoir réflecteur; c’est dire que, lorsque l’on fait une photographie, la lumière reçue par le sujet est beaucoup plus intense que celle qui atteint l’appareil de prise de vue, le sujet absorbe une partie de la lumière incidente et n’en reflète jamais la totalité.

Les posemètres sont, bien entendu, conçus pour prendre en compte ce phénomène. La cellule est en général couverte d’un cône ou dôme translucide blanc, ou d’une plaque à rainures. Seule la lumière de face est susceptible d’être renvoyée par le sujet jusqu’à l’objectif.
La lecture de la lumière incidente s’effectue en disposant le posemètre à l’emplacement du sujet à photographier, le collecteur blanc étant dirigé vers l’appareil ou, dans le cas d’une lecture du rapport d’éclairement, en direction de la source principale de lumière. Lorsque la lecture à effectuer s’applique à des sujets inaccessibles, il faut placer le posemètre dans la lumière tombant sur le sujet et diriger le collecteur blanc vers l’appareil, selon l’axe sujet-appareil.
Les lecture en lumière incidente sont particulièrement utile lorsque l’on travaille sur des films couleur et inversibles, car elles permettent de calculer l’exposition qui tombe au milieu de l’intervalle de lumination du film. Elle s’appliquent à la photographie de scènes d’intérieur plus qu’aux prises de vues extérieur.

 

 

La Lumière Réfléchie

La lumière réfléchie par un sujet ou émise par un sujet luminescent, est appelée luminance ou encore, d’une manière plus courante, brillance. Elle caractérise le degrés de contraste perçu se rapportant au sujet en question. Les posemètres à lumière réfléchie mesurent la brillance. Une majorité d’entre eux possède un angle de mesure d’environ 30 degrés. Ils reçoivent donc les brillance de diverses parties du sujet ou de la scène considérés, et ils en établissent une moyenne. Un système optique, semblable au télescope, est incorporé aux posemètres à angle étroits. Il permet de mesurer la lumière réfléchie sur un champ extrêmement limité, les angle pouvant s’échelonner de 1 à 7 degrés.

Tous les posemètres incorporés sont à lumière réfléchie. Ils peuvent mesurer la brillance, soit de la totalité de la surface embrassé par l’objectif, soit simplement d’une petite partie située au centre de celle-ci. Il est même souvent possible d’effectuer chacune de ces deux lectures. Certains posemètres sont conçus de façon à mesurer essentiellement la brillance localisée au centre de l’image plutôt que sur ses contours, en fonction du principe que la majorité des sujets auxquels s’intéressent le photographe se situe au centre de l’image.
La lecture de la lumière réfléchie s’effectue en dirigeant le posemètre vers le sujet, suivant l’axe de l’appareil photographique. Elle donne une indication sur la moyenne des brillances réfléchies par les diverses parties d’un même sujet.
Les lectures en lumière réfléchie sont particulièrement utiles et recommandées pour régler l’exposition des films noir et blanc. Il est en effet possible de mesurer l’amplitude des brillances en effectuant plusieurs lectures successives sur les parties claires puis les parties foncées du sujet à photographier. Cette information recueillie est très précieuse, car elle permet de déterminer l’exposition correcte des détails des zones sombres, ainsi que le type de développement requis pour obtenir une densité convenable des hautes lumières.
Beaucoup de posemètre à lumière réfléchie peuvent être convertis en posemètres à lumière incidente. A cet effet, il suffit tout simplement de placer sur la cellule du posemètre un collecteur diffusant blanc.

 

Que mesure le pose Mètre?

Dans le viseur de votre appareil, vous voyez le cadrage qui sera reproduit sur votre film.
Mais le posemètre, quelle partie de votre cadrage va t-il prendre en compte dans sa mesure de lumière réfléchie ? Il vous donne un certains angle de champ, ce qui est en dehors n’intervient pas. Cet exemple vous montrent les rapports du cadrage et les champs de mesure dans le cas d’un appareil petit format 24X36 mm et d’un appareil moyen format 6X6 pour différentes distances focales, en supposant que la mesure est faite à partir de l’emplacement où se trouve l’appareil photographique.
Le champ de cette sonde que j’utilise pour l’exemple, Gossen Lunasix 3 correspond a un angle de champ de 30°. Cet angle de champ, qui est déjà petit par lui même, peut encore être réduit et ramené à 15° ou 7,5° à l’aide de l’additif Télé.
Le petit champ de mesure permet une mesure précise et bien dirigée. Grâce a ce petit champ, il vous est beaucoup plus facile d’explorer les différentes parties du sujet qu’avec d’autres posemètres classiques. Les mouvement de l’aiguille vous montrent, au cours de la mesure, si l’éclairement est réparti d’une façon uniforme et bien équilibrée. Ceci s’applique en particulier à la mesure rapprochée.

 

 

Exemple d’utilisation Gossen Lunasix 3

Tourner le disque de réglage de la sensibilité du film jusqu’à ce que la sensibilité du film qui se trouve dans votre appareil apparaisse sur l’échelle des sensibilités DIN ou ASA en face de la pointe de l’un des triangles blancs (dans l’exemple 400 asa). Pousser la calotte diffusante à fond vers la gauche ou vers la droite pour une mesures de la lumière réfléchie et diriger le posemètre sur l’objet à photographier. Pour une mesure en lumière incidente, placer la calotte diffusante blanche au centre.

Appuyer sur la partie inférieure de la touche basculante et la relâcher dès que l’aiguille s’est stabilisée. Ceci bloque l’aiguille, permettant ainsi d’effectuer la lecture en toute tranquillité. Si lorsque vous appuyez sur la partie inférieure de la touche basculante l’aiguille donne une déviation trop faible (en dessous de la valeur 12), il suffit d’appuyer sur la partie supérieure de la touche basculante. Vous passez ainsi à la gamme de mesure pour les faibles luminosités. Sur l’exemple de la photo, l’aiguille indique 18. Je reporte cette valeur face au triangle jaune «index champ 30°» en tournant la bague pour le report des valeurs et je peux ainsi lire les couple ouvertures/vitesse pour une sensibilité donné.

 

1/4000 ==> f/2,8

1/2000 ==> f/4,0

1/1000 ==> f/5,6

1/500 ==> f/8,0

1/250 ==> f11

Ceci pour une sensibilité du film à 400 ASA

 

La chose est un peu différente avec l’hasselblad 500C, pas de réglage sur le boitier, tout est sur l’objectif. Avec l’objectif Carl zeiss Distagon 50 mm f/4 après la mesure, je reporte la valeur indice de luminosité LV/EV face au triangle noir qui sur notre cellule est de 15, face au triangle rouge de l’objectif et je peux constater que les couples sur l’objectif correspondent parfaitement a ce que nous lisons sur la cellule.